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 Chapitre 1: La Genèse

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Loki Pride

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Date d'inscription : 30/12/2016

MessageSujet: Chapitre 1: La Genèse   Jeu 26 Jan - 0:25

Je me souviens du jour de ma création comme si c’était hier. Et pourtant, elle remonte à des millénaires. Ce jour fatidique. Tragique et formidable. Un jour marqué du fer rouge de la Rébellion et de la pierre blanche de la Défaite. Je n’étais alors qu’une conscience endormie, qu’une idée refoulée, qu’un pouvoir enfermé dans l’âme de Lucifer. Lucifer. L’origine de qui je suis, la raison de mon existence, l’obstacle à ma suprématie. Le jour où j’ai ouvert les yeux pour la première fois était en réalité une nuit. La nuit de son échec face à Dieu. La nuit de la Punition divine. La Chute vers les profondeurs…

« Au commencement, je ne suis rien. Ou bien suis-je ? Mes pensées sont floues, leur existence reste encore à prouver. Je dors enfoui dans un corps en chute libre. Je me sens tomber, pourtant je ne conçois même pas la notion de mouvement. Des entrailles enflammées. Voilà ce que j’ai toujours connu. Toujours… Et en même temps jamais. Je suis et ne suis pas. Pourquoi est-ce que je tombe ? Qu’est-il arrivé à mon hôte ? En ai-je seulement un ? Je sens la colère, le feu de la passion et de la rage qui s’allume et se consume perpétuellement. Il fait si chaud. Je ne sais pas qui je suis, mais je sais une chose : je suis déchu. Dans ma chute, je perds à la fois de l’altitude et de la prestance. J’aurai du mal à me relever. Je veux mettre les responsables à genoux, les voir ployer devant moi. Je veux la Victoire. Je veux la Gloire éternelle. Je veux le Pouvoir pour les siècles des siècles. Je sens que la chaleur me dirige vers la sortie. Mon hôte ne tient plus. Il pousse un hurlement de rage. Ainsi je découvre le son. La chute continue. Je ne suis pas un être matériel, pourtant je me sens en apesanteur. L’air change. Je ne saurais vraiment le décrire. Je n’ai pas les outils pour. Quelle étrange sensation… Est-ce… l’éternité ? Une chute perpétuelle à travers un gouffre sans fond ? Mon éveil est très récent. Pas même achevé. Je n’ai jamais connu autre chose. L’existence est-elle si désagréable ? Vivre, c’est donc tomber. Tomber, impuissant et sans pouvoir se raccrocher à quoi que ce soit. Soit. A quoi bon, donc ? Pourquoi vivre sans contrôle sur l’existence ? Subir, quel destin détestable ! Je voudrais en finir, mais je n’ai pas de corps pour commettre l’acte… La passivité… L’impossibilité de bouger, sans pouvoir non plus concevoir l’immobilité… Je veux sortir, mais je ne suis même pas certain d’être emprisonné ! Je me fais cette promesse : si la chute s’arrête un jour, je ne me ferai jamais plus contrôler, je serai libre, je serai grand, je serai le maître de mon existence et du monde qui m’entoure. La rage de mon hôte supposé est si forte qu’elle résonne en moi sous la forme d’un insupportable vacarme. Soudain, je perçois des vibrations. Quelque chose se rapproche de moi… Ou bien est-ce moi qui me rapproche de quelque chose ? C’est insoutenable. Cette chute est si terrible, et pourtant, je redoute ce qui suit. L’angoisse. La pire des sensations. Les vibrations s’intensifient. Je m’abandonne au sort qui m’est réservé. Si je survis, je prendrai le contrôle… Le choc, puis le silence… »

Que cet instant a été long. Je me souviens que je n’étais pas capable de concevoir la notion de temps, mais pour moi, cette attente sembla durer une éternité. Je suis pourtant incapable de vous dire si Satan est resté là quelques heures ou quelques années, mais il n’a pas bougé pendant tout ce temps. Ainsi donc, j’étais coincé dans l’âme du Malin, de celui qui devait encore devenir le Prince des Enfers… La seule honte de toute mon existence. Quelle ascendance triviale… Piégé dans l’âme de l’Ange Déchu… Pitoyable. Ma venue au monde n’a été qu’un choix de Satan, et je lui voue une haine profonde pour cela. Mais en même temps, je ris. Je ris de son erreur, la plus grande erreur de l’Eternité : m’avoir donné le libre-arbitre…

« … Je suis hors de tout mais prisonnier. Il me semble que ma chute a arrêté le temps. Je perçois le doute au sein de mon hôte… Une profonde répulsion émerge alors en moi. Je veux sortir de là ! Mais sans existence matérielle, comment s’échapper ? Ma conscience semble buter contre cette cage thoracique. Le doute se renforce. Je fais soudainement l'expérience de quelque chose que je ne connais pas : un genre de tremblement. Un frisson transcendant qui glace ma conscience. Ainsi, je sens le froid. Un froid si intense, si suprême qu’il dépasse la matérialité et va vagabonder dans le spirituel. Et dans ce froid de perdition, je sais que mon hôte faiblit. Sa volonté défaille, sa flamme vacille. Je la sens s’éteindre. Je suis lui et il est moi. S’il s’éteint, moi aussi. Je ne peux le laisser faire ! Tu ne me prendras pas dans ta chute ! Qu’est donc cette chaleur qui émane de moi ? Je sens que je m’enflamme. Mon feu est si fort, si soudain. Ce brasier qui m’anime arrache un cri de douleur et d’extase à mon hôte. Il est revenu parmi nous. Je brûle toujours plus. Mon hôte reprend des forces. Alors que mon foyer s’étend, je jurerais que quelque chose m’attrape. Voilà donc ce qu’est le toucher. Une main. Une main marquée par la haine, la damnation et la passion. Sa poigne virile me tient. Et soudain, je ressens tout. Toute la haine de mon hôte, toute son histoire, tout son Orgueil. Lucifer. C’est donc ton nom. L’Ange qui voulait devenir Dieu. Et je suis en toi. Qui suis-je ? Je suis ton Orgueil ? Ou plutôt je le deviens. Tu te purges de tes excès d’hybris pour les transférer en moi. Pourquoi ? Pourquoi me donnes-tu une telle arme ? L’étreinte se fait plus forte. Je me sens presque étouffé. Tout ce flot de Mal qui entre en moi. C’est… C’est trop… C’est… Le pied ! Arrose-moi de ton orgueil, Lucifer, tout ce que tu perds s’ajoute à ma puissance ! La main me tire… Est-ce ce que je pense ? On dirait bien ! La main du Démon m’arrache de ses entrailles. Je respire de l’air ! Quelle sensation formidable ! La main me lâche et je suis projeté sur le sol. Je mords la poussière, et pourtant je ressens une joie malsaine mais jouissive. Enfin je sens mon poids qui s’écroule sur la terre, enfin je sens mes membres pousser pour me relever, enfin je sens mon corps dans le plan matériel de ce monde. La gravité. La preuve intangible et indéniable de l’existence. Je suis sorti. Je suis libre. Libre d’accomplir mon destin. Je suis l’Orgueil. Je serai le maître de l’univers. Je sens un sourire se dessiner sur mon visage. Je ne le contrôle pas, c’est cette extase que Lucifer m’a transmis qui se manifeste. Je hume l’air. Une odeur de soufre se dégage de cet endroit désolé… Je ne vois toujours rien. Que du noir infini. J’entends des bruits de pas. Le soufre attaque davantage mon odorat à mesure que les pas se font plus forts. Lucifer se rapproche. Je sens sa main qui m’attrape au niveau du cou.
« M’entends-tu, créature ? »
Créature ? Quelle ordure méprisable ! Si je le voyais, je lui ferais la peau ! La hargne monte en moi. Je grogne instinctivement. J’inspire. J’expire. J’essaye de me calmer. Sa main est sur mon cou, je n’ai pas intérêt à l’attaquer. Mais il me doit le respect. Il me doit sa survie. Ma chaleur l’a fait survivre. Non, je ne me ferai pas appeler Créature. Jamais. Je dois choisir mon nom. Celui que l’éternité retiendra.
-Appelle-moi Pride, Lucifer.
Aïe… Sa poigne se resserre très fort sur mon cou. Je sens ses griffes s’enfoncer dans ma chair, et un liquide couler le long de mon cou jusqu’au bas de mes épaules. Sa rage est plus intense encore que la mienne. La gravité semble soudain plus forte.
« Ne m’appelle plus jamais par ce nom. Lucifer est le nom du vaincu, du serviteur déchu de Dieu. Cet écervelé qui n’a pas réfléchi n’est plus en moi. Mauvaise nouvelle pour toi, c’est en toi que j’ai tout purgé. Je suis désormais le Dieu du Mal. Mon nom est Satan. J’ai choisi mon nom, je t’accorde le choix du tien. Soit, tu seras Pride. Mais n’oublie pas qui est ton Maître, Pride. »
Et alors que Satan prononce ces mots, mes yeux s’ouvrent pour la première fois. Il n’y a rien que l’obscurité de la nuit d’un monde de ténèbres. Rien que l’ombre d’une main, et deux grands yeux jaunes qui luisent devant moi, scrutant ma réaction… »


Même des milliers d’années après, je n’ai jamais oublié ces mots. Le mépris que j’éprouvais pour Satan à cet instant-là m’était insupportable. Je n’avais cure de sa bénédiction pour le choix de mon nom, et le rapport de domination qu’il venait de placer me hérissait. Mais il était alors plus puissant que moi, et je le savais, même si cela me répugne de l’admettre. Pour accomplir mon destin, Satan devait croire que j’étais son fidèle lieutenant. Au moins pour un temps. Et par un temps, je veux dire des siècles entiers. Je décidai donc de déplacer ma rage vers Dieu. Je laissai paraître auprès de Satan un violent désir de vengeance contre celui qui nous avait déchu tous les deux. Ainsi, s’il demandait ma patience, s’il m’assurait que le moment viendrait et qu’il ne fallait pas que je me presse, je pouvais voir dans son œil une satisfaction relative. Il voyait mon potentiel, et l’utilisation qu’il pouvait en faire. J’étais sa première création. Ensemble, nous descendîmes dans les profondeurs de la Terre pour y créer le Royaume de Satan : l’Enfer. Je refoulai pour un temps mes ardeurs de conquête. Je me contentai de jouir de ma position de Second des Enfers pour asseoir ma domination sur les autres démons. En dépit de mon ressentiment envers celui que je ne pouvais plus appeler Lucifer, je me plaisais ici. Mon ambition était nourrie comme il le fallait à mesure que de nouveaux démons et de nouvelles âmes rejoignaient l’Enfer. Ce fut assez pour moi pendant des siècles. Mais, bien sûr, un jour, ce ne fut plus suffisant…

« L’Antre des Miroirs… Mon palais des profondeurs. C’est ici que j’ai élu domicile depuis que l’Enfer s’est développé. Un édifice de reflets au sommet d’une colline d’os. Mon petit chez moi se voit à des kilomètres, tant il resplendit. Toute sa surface est miroitante, et réfléchit toute la lumière des flammes de l’Enfer. Je suis assis sur mon trône, confortablement, un verre de vin rouge dans la main. J’aime cette oisiveté. J’aime avoir plusieurs centaines de démons à mon service, jouant aux domestiques. C’est là leur vraie nature. Et la mienne est d’être sur un trône. Deux démons gardent l’entrée de la salle. Entre eux et moi, un grand corridor scintillant orné d’un tapis rouge. A mes pieds, une jeune fille dont l’âme a été damnée récemment est en train de me pomper. J’y fais à peine attention. Les murs en miroir projettent mon image à l’infini. La perfection, reproduite comme par un miracle en de nombreuses représentations identiques. Je préfère regarder cela. Je ferme les yeux un moment, comme pour profiter de l’instant présent, avant de me rappeler que si je le veux, cela peut être l’éternité. Soudain, un bruit sourd. La fille arrête de me sucer. Des pas qui font vibrer le sol, le bruit métallique d’un garde en armure qui tombe par terre. Une voix que je ne connais que trop bien se fait entendre :
-Où est-il ? Où est ce connard ?
-Le Seigneur Pride ne veut pas être dérangé.
-Non mais tu plaisantes ? Tu sais à qui tu parles ?
D’un mouvement rageur, Satan envoie valser le garde qui a osé lui répondre, et avant même qu’il ait touché le sol, il le réduit en poussière d’un claquement de doigt. Puis, il avance dans le corridor. Le deuxième garde fait quelques pas en sa direction. Satan se retourne.
-Tu veux connaître le même sort.
Le garde déglutit légèrement. Je l’interpelle :
-Zarathoustra.
Il lève les yeux vers moi.
-Laisse-nous.
Il s’exécute sans la moindre hésitation, un air de soulagement dans son regard. Mon visage se ride d’un large sourire :
-Satan. Que nous vaut donc cette charmante visite ?
-Ne joue pas à ce petit jeu avec moi, Pride. Tu sais très bien pourquoi je suis là.
J’éclate malgré moi d’un petit rire. Soit. Nous n’irons donc pas par quatre chemins. Je prends la jeune fille par le bras sans me soucier de son bien-être :
-Elle ? Crois-moi tu aurais été déçu. Elle a été si facile à corrompre, j’ai du mal à comprendre pourquoi tu en as fait tout un plat…
-Fais-la partir. On doit parler. Maintenant.
-Très bien. De toute façon, j’allais la virer. Elle commence à me lasser.
Je regarde la jeune fille :
-Dégage.
Apeurée, elle ne se fait pas prier. Je soutiens le regard de Satan. Il a l’air hors de lui.
-Tu m’expliques ce que tu viens de faire avec cette âme ?
-Je la voulais, je l’ai corrompue. Ce sont tes propres règles, Satan, qui autorisent les Sins à faire libre usage des âmes qu’ils corrompent. Tu n’irais pas jusqu’à contredire tes lois, si ?
Satan me prend le cou, comme la première fois où nous nous sommes retrouvés face à face. Il me toise avec rage :
-Tu sais très bien ce que je te reproche, Ordure. Cette âme était d’une pureté rarement vue. Je l’avais réservée. Je devais être celui qui la corromprait. Tu m’as volé une âme d’une valeur inestimable.
-Ecoute-toi ! On croirait entendre Greed. Tu es déjà le Maître de ces lieux. Tu ne devrais pas t’offusquer contre tes Sins s’ils s’offrent une petite friandise une fois de temps en temps.
-Tu m’as désobéi. Tu n’as pas à justifier ton action, elle est injustifiable. Tu joues à un jeu dangereux, Pride.
-Tu veux peut-être que je te rende cette âme ?
-Tu l’as souillée. Elle ne vaut plus rien. Je n’ai que faire d’une âme qui a péché d’Orgueil. J’en ai des centaines.
J’ai un rictus. Il devrait s’estimer heureux que je lui propose de reprendre la petite. De la manière dont je vois les choses, elle ne s’est que transcendée par mon passage. Satan reprend avec dédain :
-Ne me défie plus. Je dis qu’une âme est à moi, elle est à moi.
Satan me lâche et commence à tourner les talons. L’Orgueil remonte à la surface dans un sourire extatique. Cet orgueil pur, que Satan m’a transmis il y a si longtemps…
-Très bien… Lucifer.
Il s’arrête net. Ses yeux redeviennent ces yeux jaunes de félins que j’ai vu le jour où j’ai ouvert les miens pour la première fois. Des flammes émanent soudainement de ses mains. Il bondit pour mettre son poing dans mon visage. Je l’anticipe. Je bloque son assaut d’un revers de bras. Il tente quelques autres coups, que j’esquive rapidement. Je contre-attaque même d’un chassé puissant dans sa mâchoire. Cela énerve Satan encore plus : il pousse un cri de rage, et, lorsqu’il fait apparaître une cage de feu autour de nous, je suis pris au piège. Satan, qui brûle de toute la surface de son corps, me rue de coups. Je suis à terre. Il pose sa main sur mon cœur, et ses griffes rentrent légèrement, me faisant saigner. J’arrache un cri de douleur, tant je sens que les griffes qui me pénètrent sont imprégnées de mal et de pouvoir. Satan me crache à la figure.
-Je t’ai bien dit de ne jamais plus m’appeler comme ça ! Pauvre petite merde… Apprends-donc à fermer ta gueule quand il le faut.
Il me regarde avec un sourire sadique :
-Tes pouvoirs ont augmenté. Tu es puissant, mais ce ne sera jamais suffisant, tu le sais, ça ? Tu ne seras jamais plus qu’une de mes créations. Ne te prends pas pour ce que tu n’es pas.
-Je suis ton égal, Lucifer. Tu es moi, je suis toi. Et à force d’ignorer ce fait, tu finiras par perdre ta place…
-Ah, tu crois, imbécile ?
Il eut un petit rire :
-Peut-être que je devrais te montrer ici et maintenant ma supériorité, une bonne fois pour toute…
-Je t’attends. Tu ne peux me tuer. Je porte en moi tout ton Orgueil. Tu as besoin de moi.
Satan reste silencieux un moment. Pendant une seconde, il me regarde avec ce que j’interprète à ma grande surprise comme un semblant d’empathie. Puis, ses yeux redeviennent les prunelles jaunes et bestiales que je connais si bien, et son sourire s’élargit comme jamais :
-Non… Je ne te tuerai pas aujourd’hui. Mais peut-être qu’un siècle de prison te permettra d’y voir plus clair…
Mon cœur s’arrête l’espace d’un instant. Je sais quel sort il me réserve. Non… Pas ça… Tout mais pas ça… Je tente de rester digne, et je fixe Satan  avec un air de défi alors qu’il s’apprête à réaliser mon pire cauchemar. Un portail dimensionnel s’ouvre dans les bras de Satan, qui me jette à l’intérieur. Je crie, puis, plus rien… »
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