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 Livre Premier - Chapitre 3 : Vortex

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B. Slothman

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Messages : 5
Date d'inscription : 30/12/2016

MessageSujet: Livre Premier - Chapitre 3 : Vortex   Mer 7 Juin - 21:52

Par une nuit chaude et brumeuse, elle s'introduit dans le bâtiment, après un bref échange avec un homme en noir. L'entrée ressemble à toutes les autres du quartier, si ce n'est qu'elle est fréquemment gardée par un homme en costume noir. Ce n'est qu'en descendant les escaliers vers le sous-sol que la banalité apparente s'estompe progressivement. On entend les battements frénétiques de la batterie couverts par les riffs d'une guitare électrique. Sûrement un nouveau groupe de doom, se dit-elle. Le rythme cardiaque de la jeune femme s'accélère pour s'ajuster à cette nouvelle ambiance sonore et à l'excitation. Cela va faire à peine un mois qu'elle a découvert cet endroit et elle s'y sent déjà à l'aise. Peut-être qu'elle pourrait rencontrer quelqu'un d'intéressant et de pas trop lourd pour ce soir...

Il fait sombre. L'escalier descend en colimaçon, éclairé par de simples bougies, et débouche sur une grande salle au plafond haut. Trois lustres de cristal reflètent la lumière des chandelles et baignent la pièce d'une lumière tamisée. Les pupilles se dilatent légèrement. Les murs sont de pierre brute. On sent leur fraîcheur rien qu'en les frôlant. Nous sommes bien dans une cave. Officiellement, ce lieu a été baptisé le Crying Soul Club par le nouveau propriétaire, lorsqu'il a décidé de donner une nouvelle vie à cette chapelle désacralisée. C'est devenu rapidement le lieu de rendez-vous privilégié des gothiques, cyberpunks et autres outsiders de l'underground.

- Philia ! Par ici !

La jeune fille en robe noire à volants se tourne vers une femme blonde au fond de la salle. Elle se dirige instinctivement vers elle, traversant l'espace mêlé de sons langoureux et grésillants, pendant que  l'obscurité s'insinue entre ses pas. Ses escarpins claquent en cadence sur le sol tandis qu'elle contourne les quelques ''headbangers'' qui se défoulent au son de la guitare. Son nez capte les odeurs de parfums, de sueur et d'alcool qui embaument la pièce. Quelle bande de bourrins. Philia commande un demi et laisse une marque de rouge à lèvres sur le bord du verre. Elle reprend sa traversée vers le fond de la salle, promenant son regard sur les personnes assises aux autres tables. Il y a toutes sortes de jeunes gens, et même un vieil homme très élégant accompagné d'une belle femme brune au style victorien. Au moment où Philia allait s'arrêter sur le pendentif de cet homme, la voix de la jeune femme blonde l'interpelle.

- Salut ma jolie ! T'es un peu distraite ce soir, hein ?

Alys. Confidente depuis un mois et vadrouilleuse invétérée. Ses cheveux pâles et son teint diaphane renforcent l'intensité de son rouge à lèvres foncé. Elle a l'air légèrement désabusée, un cocktail bleu à la main. Ce n'est qu'en s'asseyant que Philia remarque la présence de Lucas, une connaissance de son amie blonde.

- Salut vous deux ! Vous êtes là depuis longtemps ?
- Non, depuis un quart d'heure seulement.
- Au fait, ma chère Alys, j'ai trouvé un antiquaire pas loin qui s'occupe surtout de bijoux anciens.
- Jure ! Et t'as trouvé ce que tu cherchais ?
- Oui, quelques pendentifs et bagues de l'époque victorienne.
- Tu m'y emmèneras vendredi prochain, hein dis ?
- Oui bien sûr. Et il y a même quelques vieux livres du XIXe siècle.
- Oh ça, je veux bien te les laisser. Moi, je m'en tiens à Mary Shelley et Lovecraft.
- Et toi, Lucas, qu'est-ce que t'en dis ?

Il fait plus grand debout, mais sa carrure lui donne un air d'aisance. Le jeune homme boit une gorgée de sa bière avant de poser un coude sur la table, la main en l'air comme pour illustrer ses dires.

- Tu sais, les bijoux c'est bien beau tant que c'est pas ces petites merdes de pacotille, en plastique là. Les vrais bijoux, ce sont ceux expriment quelque chose, un caractère. Ce que tu portes, c'est un peu comme le reflet de ton âme, tu vois.
- Whouah... c'est philosophique c'que tu racontes. Mais t'es sérieux quand tu dis ça ?
- … Ben oui, pourquoi ? Tu trouves pas que c'est ridicule toutes ces babioles qui puent la superficialité ? Qu'elles encouragent les gens mainstream à suivre la mode comme des moutons ? Moi ça me gonfle, perso, ces gens coincés dans le système.
- Ouais, ça j'suis d'accord. Fuck le système. On vaut mieux que ça. Mais tu sais, y'a des gens comme nous un peu partout. On est pas les seuls à en avoir marre.
- Un de ces jours, ça va péter, j'te le dis. Et quand ça arrivera, je serai prêt. J'ai déjà tout ce qu'il faut pour survivre 3 ans avec le bunker de mon oncle.
- Jure, t'as un bunker ?!
- Ouais, miss.
- Ok. Ben on saura où crécher si ce jour arrive, hein ?  

Philia lui fait un clin d'oeil et boit une gorgée de bière. Elle se retourne pour regarder le groupe de Doom metal. Les murs font résonner les riffs lancinants et la voix profonde du chanteur. Son regard se promène d'une table à l'autre, appréciant le style de chaque personne présente. Il y a un couple plutôt cyberpunk, en cuir noir et chacun un tatouage de circuit imprimé sur le cou. Puis il y a aussi des métalleux, surtout devant la scène. Et puis, il y a ce vieil homme élégant et intrigant accompagné par la jeune femme au style victorien. Ils semblent très calmes mais concentrés dans leur conversation. Par mégarde, Philia croise le regard de la femme aux longs cheveux bruns. Ils se lèvent et partent lentement, comme des ombres tranquilles.

Au moment d'emprunter les escaliers, l'homme se retourne et lance un regard souriant droit vers Philia. Elle se sent nue, percée à jour, et pourtant, étrangement ivre. Ses sourcils se froncent légèrement et elle se dirige vers lui, prête à le suivre. Elle dit au revoir à Alys et Lucas avant de claquer rapidement des talons jusqu'à l'escalier. Son cœur bat de plus en plus fort. Personne dans l'escalier. Courir jusqu'en haut. Les rattraper au plus vite, avant qu'ils ne partent. Quelqu'un est là sur le palier, qui regarde vers l'entrée. Il fait volte-face et marche dans la direction opposée. Vite. Il est presque à portée de main. Il a disparu derrière un virage. S'avancer pour voir où ce couloir mène... Personne.

Philia se retourne et se trouve nez à nez avec le vieil homme. Ses yeux plissés esquissent un sourire pendant qu'il lève la main lentement vers elle. Il lui touche la joue et achève de sourire. Elle sent un haut-le-coeur. Décharge. Vertige. Engourdissement. Douleur à l'arrière du crâne. Un tourbillon de fumée imaginaire charge l'air de volutes sombres et épaisses. Chaque muscle se détend et laisse les décharges nerveuses envahir son être, jusqu'à libérer une forte chaleur. Étourdissement. Nausée et ivresse...

Elle est assise contre le mur. La tête bouillonnante et les pores de son corps glacés. Seule. Un goût de cendres dans la bouche. Ses papilles sentent des milliers de piqûres âcres. Elle se relève en titubant et se dirige lentement vers la sortie, les yeux écarquillés.

***

Sloth referme la porte et salue le vigile avant d'emprunter les petites rues. L'odeur des poubelles embaume et pollue la fraîcheur de la nuit. Un homme pisse contre un mur, la tête penchée sur le côté et une bouteille à la main. Deux ruelles plus loin, une femme est poursuivie par un homme en chemise. Lorsqu'ils disparaissent dans la pénombre, on entend les cris apeurés de la victime mêlés aux grognements du poursuivant. Beddy s'approche de l'endroit et découvre une pauvre femme allongée à plat ventre et tentant de se relever tandis que son assaillant lui déchire la robe. Il appuie son pied sur le haut du dos pour la bloquer et défait sa braguette énergiquement. Elle tente de crier à l'aide mais il la gifle pour la sonner. Elle essaie de s'échapper en s'aidant de ses ongles sur le pavé et aperçoit Beddy. Elle le supplie. Il lui sourit sans bouger, une lueur de braise dans le regard. Quel plaisir de voir tout ce désespoir. L'homme l'agrippe par la taille et s'applique à lui enfoncer son sexe veineux par force. Il y va avec agressivité, faisant claquer son bassin contre le sien. Elle agonise, il jouit, Sloth s'en délecte. Cependant, il aperçoit derrière eux un jeune homme qui assiste également à la scène. Ce dernier s'approche du violeur et lui glisse quelques mots à l'oreille. L'agresseur stoppe net, puis se laisse emporter par sa rage. Il prend sa victime par les cheveux et la jette contre le mur avant de partir en courant. Le jeune homme regarde Beddy, et tous deux partagent un regard complice. Quelle belle soirée.
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